E-réputation : Catherine Headley, spécialiste en stratégie digitale, vous explique comment soigner votre image sur Internet.

Guid'Formation | 22.01.2016 à 18h15 Mis à jour le 26.01.2016 à 16h00
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Vous êtes en recherche de stage, d’apprentissage ou de votre premier emploi ?  Avez-vous pensé
à sécuriser l’accès à votre Facebook ? À « Googler » votre nom pour vérifier ce qu’il se dit à votre sujet sur la toile ? À bien remplir votre profil LinkedIn ? Ces précautions vous semblent inutiles ? On en reparle après la lecture de cet article !

 
À l’heure du tout Internet, nous avons tous plus ou moins pris le réflexe de nous informer sur une personne avant de la rencontrer. Grâce à Google, Facebook, LinkedIn et consorts nous sommes d’abord confrontés aux identités virtuelles de nos semblables. Je parie qu’il vous est déjà arrivé de chercher des informations sur un recruteur ou une entreprise avant un entretien, n’est-ce pas ? Alors soyez conscients que le recruteur aussi, de son côté, se renseigne sur vous ! Il est donc désormais impératif d’apprendre à soigner son identité numérique, surtout si vous êtes en recherche active de stage ou d’emploi !

Pour comprendre les enjeux liés à l’e-réputation, nous avons rencontré Catherine Headley, responsable de la spécialisation Digital Business à Paris School of Business et du MBA E-Business de des MBA ESG. Elle a également fondé sa propre société spécialisée en acquisition digitale. Apprendre aux  étudiants et aux professionnels à maîtriser leur image, c’est son métier, alors suivez le guide !

 
GUID’FORMATION : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’e-réputation ?

Catherine HEADLEY : L’e-réputation, ce sont toutes les informations que l’on va trouver à votre sujet en faisant une recherche sur Internet. Aujourd’hui lorsque l’on se soucie de son e-réputation, il faut se demander quelle image on donne de soi-même à travers le moteur de recherche le plus utilisé, Google. Ces informations vont nourrir la première impression que la personne qui a fait la recherche se fera nous. Et comme on a n’a jamais une deuxième occasion de faire une première impression, c’est primordiale de soigner sa première page de résultat Google !

 
GUID’FORMATION : Quels sont les bons réflexes à adopter ?

Catherine HEADLEY : La première étape de l’e-réputation c’est de « Googler » son nom et de regarder ce qui en ressort : normalement, ce sera votre profil LinkedIn. En deuxième lieu, on trouvera votre compte Twitter. Donc pour commencer à travailler votre e-réputation, il faut optimiser votre profil LinkedIn. Car s’il est optimisé, il va apparaître en premier sur la page de recherche, avant votre profil Facebook. Aujourd’hui en tant qu’étudiant lorsque vous avez un entretien, vous pouvez être sûr que l’on va faire des recherches sur vous et que l’on va regarder quelles sont les informations qui ressortent à votre sujet. Si les premiers éléments qui ressortent sont des éléments professionnels, cela va diffuser une image positive de vous. Si ce qui ressort en premier ce sont les sites Facebook et Copains d’avant, cela ne fait pas sérieux !

 
 GUID’FORMATION : Les recruteurs se renseignent-ils toujours sur un candidat via Google ?

Catherine HEADLEY : Les comportements ont évolué et « googler » un candidat est devenu un automatisme pour les professionnels des ressources humaines !

Les cabinets de recrutement, quant à eux, utilisent des robots d’indexation que l’on appelle des crawlers qui vont explorer les profils LinkedIn. Ce faisant, ils vont faire ressortir les profils les plus appropriés par rapport à la recherche programmée. Lorsqu’ils crawlent les profils LinkedIn, ils repèrent uniquement les mots clefs. La technique utilisée est la même que pour le référencement naturel des sites web. On peut donc aujourd’hui parler de référencement personnel.

En résumé, lorsqu’on adopte une démarche d’e-réputation, il faut se considérer comme un produit et se poser la question suivante : à quels termes je souhaite que mon image soit rattachée ? Il peut s’agir des termes liés aux fonctions que l’on veut exercer. Et pensez à bien utiliser les terminologies les plus recherchées par les recruteurs !

Il faut également savoir que seules certaines zones du profil LinkedIn sont crawlées par les robots. L’espace le plus important c’est le résumé de votre profil. Il doit contenir au minimum une dizaine de lignes et contenir ces fameux mots clés. Ce résumé doit être similaire à la réponse que vous formuleriez si un recruteur vous posait la question suivante : « Pouvez-vous vous présenter ? »
 

GUID’FORMATION : Pouvez-vous  expliquer aux étudiants comment optimiser leur profil LinkedIn ?

Catherine HEADLEY : Le premier conseil que je peux donner aux étudiants et aux jeunes diplômés est d’atteindre 500 relations et plus. C’est essentiel pour renvoyer une image positive et professionnelle. Un étudiant peut profiter de ses années d’études pour solliciter des recommandations auprès de ses professeurs ou des responsables de stage. Cette démarche est même indispensable s’il veut travailler dans une entreprise anglo-saxonne ! Ces recommandations doivent bien évidemment provenir de personnes de référence, et pas d’amis…

Il est également important de remplir la partie « Compétences », sans toutefois trop en dire ! Seules les compétences en rapport avec « le job de nos rêves » ont leur place sur votre profil LinkedIn.

Pensez à bien utiliser la fonctionnalité qui permet d’éditer votre profil en plusieurs langues. Il peut être utile de switcher en fonction des langues que l’on cible !

Personnalisez l’ULR de votre profil pour pouvoir le marketer sur votre CV, sur votre signature électronique, ou encore pour l’utiliser en QR code sur votre éventuelle carte de visite !

Enfin, intégrez des groupes thématiques en fonction des domaines où vous souhaitez travailler : au travers de ces groupes, il est possible de se faire des contacts professionnels, de se créer un réseau qui pourra vous aider dans votre recherche d’emploi.


GUID’FORMATION : Est-il obligatoire d’avoir une présence sur tous les réseaux sociaux professionnels ?

Catherine HEADLEY : Personnellement je ne pense pas. On ne peut pas bien gérer deux réseaux professionnels. Aujourd’hui si on doit faire le choix entre un LinkedIn et un Viadéo, en tout cas dans mon secteur, il faut choisir LinkedIn. C’est un réseau international sur lequel tous les secteurs professionnels sont présents : on y trouve aussi bien des journalistes que les architectes, des personnes travaillant dans le marketing, le luxe, etc.  LinkedIn c’est plus qu’un outil de création de CV en ligne. Il met à la disposition des entreprises des outils permettant de promouvoir leurs produits ou leurs services et à la portée des professionnels et des étudiants des outils pour promouvoir leurs compétences, leurs expériences et leurs centres d’intérêts.

 
GUID’FORMATION : Est-il pertinent de se créer deux profils sur les réseaux sociaux : un personnel et un professionnel ?

Catherine HEADLEY : Non, ce n’est pas pertinent du tout ! Nous n’avons pas deux personnalités ! Se créer deux comptes relève de la schizophrénie !

Il faut bien cloisonner vos réseaux en fonction de vos objectifs. Je vous conseille de posséder un compte Facebook pour échanger avec vos amis et votre famille. LinkedIn doit être considéré comme un réseau 100 % professionnel : n’ajoutez et n’acceptez que les relations liées à votre formation (vos professeurs, vos camarades) et à vos expériences professionnelles (maîtres de stage, responsables et collègues). Twitter est un outil très important pour faire de la veille sur les sujets qui vous intéressent. Je conseille vivement à tous les étudiants en communication, en marketing et en digital de se créer un compte sur ce réseau !

En résumé, essayez d’avoir un maximum de liens qui correspondent à votre profil professionnel sur votre première page Google.

 
GUID’FORMATION : Sur quels réseaux faut-il être présent aujourd’hui ?

Catherine HEADLEY : Tout dépend du domaine professionnel dans lequel vous souhaitez évoluer. D’autres réseaux comme Snapchat, Pinterest et Instagram sont aujourd’hui incontournables, surtout lorsque l’on travaille dans le secteur de la communication.

Il ne faut pas sous-estimer l’utilité de Google+ : c’est une véritable porte d’entrée vers les services proposés par Google, comme Hangouts, Google Drive, My Business, etc. Et Google+ remonte très bien en termes de référencement !
Doyoubuzz  est un site qui offre la possibilité de se créer facilement un CV. SlideShare permet d’héberger et de partager vos mémoires, présentations, exposés, bref de présenter vos travaux. Pensez à partager ces liens sur vos réseaux professionnels !

Il faut concevoir l’e-réputation comme une stratégie globale. Il est également important de poster des articles, de partager des actualités, de mettre en place des outils de veille pour recueillir des informations sur le secteur qui vous intéresse. Bref, montrez que vous vous tenez informé, que vous suivez l’actualité. Vous pouvez également tenir un blog. Le but étant d’accroître votre visibilité !
 

GUID’FORMATION : Les écoles sensibilisent-elles les étudiants à l’e-réputation ?

Catherine HEADLEY : À Paris School of Business on a des séminaires e-réputation pour tous nos Master 1. C’est également le cas à l’ESG et même dans certaines écoles d’ingénieurs ! Les responsables de formation prennent peu à peu conscience qu’il faut former les étudiants à l’e-reputation, car c’est leur donner une chance de s’intégrer plus facilement dans le monde professionnel.
 

GUID ‘FORMATION : Est-il possible de supprimer des informations indésirables se trouvant sur le web ?

Catherine HEADLEY : Non, ce n’est pas possible. La mémoire de Google est éternelle : la seule solution est d’ « enfoncer » ces informations dans les résultats de recherche Google. Étant donné que quasiment personne ne va au-delà de la première page de recherche, il ne vous reste plus qu’à publier au maximum pour enfouir le plus loin possible dans les résultats de recherche les contenus que vous jugez indésirables.

 
GUID’FORMATION : Auriez-vous un dernier conseil à dispenser aux étudiants ?

Catherine HEADLEY : En ce qui concerne l’e-réputation, faites-preuve de bon sens ! Ce n’est pas parce qu’on est sur un réseau social que l’on doit faire quelque chose qu’on ne ferait pas dans la vie réelle comme publier des photos des membres de sa famille. Qui oserait les reproduire sur la façade de sa maison ? N’oubliez pas que le web est le reflet de la réalité !
 
 
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Vous l’avez compris, commentaires, articles, photos, vidéos, tous les contenus faisant référence à votre personne, qu’ils émanent ou non de vous, participent à vous créer une identité numérique. Positive ou négative, cette identité s’alimente en permanence de nouveaux contenus et peut donc évoluer très rapidement. Il faut rester vigilant et effectuer une veille sur son propre nom. Pour cela, utilisez des outils gratuits comme Google Alerte.

Si vous êtes en période de recherche de stage ou d’emploi, optimisez votre visibilité sur LinkedIn et pensez à prendre la parole et à relayer du contenu sur des sujets liés au secteur professionnel dans lequel vous souhaitez évoluer !

Et pour finir, testez votre e-réputation ! Le site de prévention www.e-reputation.paris.fr a mis au point un test ludique et très instructif avec pour mot d’ordre « Soyez net sur le Net ! »



Propos recueillis par Victoria Trottin